A Découvrir
L'église Saint-Étienne-Saint-Vincent est un édifice religieux situé sur la commune d'Estagel, dans le département français des Pyrénées-Orientales. Datée du XIVème siècle ap. J.-C. (1319), seules la cuve baptismale et une pierre comportant une inscription latine1 ont été retrouvées de la première église lors de la construction du parking adjacent à l'église.
Histoire
Jusqu'au traité des Pyrénées de 1659, Estagel faisait partie de la couronne d'Aragon, proche de la frontière avec le royaume de France. La situation de la ville favorisait donc les échanges commerciaux mais la rendait également vulnérable aux nombreuses invasions françaises.
L'une d'entre elles se soldera par la destruction d'une partie de la ville et de l'église, suite à un incendie volontaire des soldats français en 1542. En 1547, le conseil général d'Estagel demande au chevalier Pere Pastor de Perpignan une procuration afin de toucher une subvention financière pour effectuer des réparations.
Cette église a connu de nombreux travaux de rénovation au cours des XIXe et XXe siècles. Depuis le 24 avril 1962, cette église est qualifiée de monument historique.
Sa toiture a été refaite entièrement en septembre 2022.
Architecture et mobilier
L'église qui peut être qualifiée de romane, se compose d'une nef voûtée d'arêtes flanquée de chapelles entre contreforts latéraux. Le clocher baroque, en briques et pierres, date du XVIIe siècle, mais sa construction ne fut pas achevée.
Retables et décorations
Les retables de l'église de Saint-Étienne-Saint-Vincent-d'Estagel sont érigés à différentes époques. Leur édification nous permet de mettre en avant différentes phases de modifications de l'église.
- Retable du Christ (3e chapelle)
Réalisé dans un atelier roussillonnais au début du XVIIIe siècle. Au centre, sous un arc en plein cintre, le Christ sur sa croix est accompagné d’une Vierge des douleurs. Sur la scène centrale, dans un décor très végétal, deux anges encadrent la scène en tenant les instruments de la passion : marteau, lance, tenaille et éponge. Sur la prédelle, en bas-relief, est représentée la flagellation du Christ. - Pavés hispano-mauresques (mur de la 5e chapelle).
Recouvert de pavés de terre cuite de style hispano-mauresque datés du XVIe et XVIIe siècles. - Retable de Notre-Dame du Rosaire (à côté de la 5e chapelle) À côté, daté de 1713, il présente un champ lexical de la naissance et de l’enfance. Il habrite à ses pieds, la sépulture d’un enfant visible grâce à une plaque. Le retable, orné d’angelots, comporte trois petits tableaux en partie inférieure retraçant des scènes de l’enfance de Jésus : « L’adoration des bergers », « L’adoration des mages » et « La fuite en Égypte ».
Maître autel
Le retable du maître autel semble avoir subi plusieurs phases de construction et reconstruction. En 1583, le peintre perpignanais Joseph Brell fut chargé de la peinture : à droite, il illustra l’histoire de saint Étienne, à gauche celle de saint Vincent.
Sous la gérance du curé Raymond Pla (1815-1833), un camaril fut ajouté. François Boher s’occupa de ce camail et réalisa les peintures intérieures. Dans une de ses lettres, Boher fait part à l'abbé sa proximité avec le sculpteur qui réalisa a statue à l’intérieur du Camaril. Peut-être serait-ce Gorry de Barcelone auprès duquel il fut formé.




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